Lundi 21 septembre prochain, François Vaillant, militant antipub tendance "Déboulonneurs"
(http://www.deboulonneurs.org/) et membre du MAN (http://www.nonviolence.fr/spip.php?article200),
passe en procès pour refus de prélèvement génétique destiné au FNAEG. Condamné en 2007
à 1 € d’amende (voir http://www.lemague.net/dyn/spip.php?article4294) pour des actes de barbouillage
de panneaux d’affichage, commis à visage découvert dans le cadre des actions de "désobéissance
civile", ce n'est qu'en 2009 qu'il est convoqué au commissariat pour le fichage de son profil ADN.
Nous vous invitons à le soutenir dans sa démarche, et à venir assister à son procès
lundi 21 septembre à 13h15 au TGI de Rouen.
A 20h30, une soirée-débat est organisée à la Halle aux toiles (place de la Haute Vieille Tour
à Rouen) sur le thème "RESISTANCES et DESOBEISSANCES", dont nous vous communiquons la
liste des intervenants :
- Jean-Marie MULLER, écrivain, militant du MAN
- Matthieu BONDUELLE, secrétaire général du Syndicat de la Magistrature
- Marie-Christine BLANDIN, sénatrice Verts
- François ROUX, avocat.
- Yvon MIOSSEC, animateur du CDLF
- François Vaillant
En revanche, et malgré le fait que nous lui apportons notre soutien, nous ne pensons
pas, contrairement à François Vaillant (voir http://www.resistances-caen.org/forum/viewtopic.php?f=4&t=1593)
que le problème avec le FNAEG soit que les "honnêtes gens" se retrouvent à côté de
"grands criminels".
Ces catégories du Droit et de la Justice de classe ne sont pas opérantes pour qui veut
réellement penser la liberté et les moyens de la construire.
Nous ne voulons pas des fichiers de contrôle plus affinés,
nous ne voulons pas de fichier du tout.
(voir nos communiqués de 2008 ici => http://refusadnrouen.over-blog.fr/article-21913442.html
et là => http://refusadnrouen.over-blog.fr/article-25297513.html)
Abolition du FNAEG et de tous les fichiers!
Soutien à tous les inculpés!
(plus d'informations bientôt)
3 Rouennais ont été interpelés lors de la tonitruente opération médiatique d'Alliot-Marie.
Plusieurs parmis les 9 personnes interpelées ont été prélevées de force, malgré le fait qu'elles aient refusé de signer le consentement (un verre d'eau, le premier qu'on vous sert depuis des heures et des heures, remplace avantageusement et sournoisement le coton-tige...).
Soutien inconditionnel aux 9 de Tarnac - arrêt des mises en examen - à bas les opérations policières et les régimes "d'exception"
communiqué de RefusADN Rouen distribué au rassemblement de soutien et à la réunion fondatrice du comité local de soutien aux "9 de Tarnac":
Sabotage, calomnie, fichage
C’est une opération politique. Les médias relaient docilement le message : le sabotage est un acte de terrorisme, et ceux désignés comme coupables le sont certainement, puisque le gouvernement le dit. On aurait même des preuves, des « traces ADN ». Mais après deux jours de battage médiatique, la machine s’enraye : en fait de preuves établies par des mois d’enquêtes, on n’aurait que quelques indices. Lesquels ? Un livre, excellente vente au rayon sciences sociales, et l’installation d’une « communauté » en Corrèze, qui a eu pour effet de faire revivre les commerces de proximité et d’insuffler un nouveau souffle à la vie d’un petit village, aux dires des habitants eux-mêmes. La question n’est évidemment pas de savoir si oui ou non les faits de terrorisme sont avérés : on désigne l’ennemi intérieur, c’est-à-dire ceux qui s’organisent et pensent en marge de la politique classique, réfléchissent par eux-mêmes sur la société actuelle, plantent leurs propres carottes et créent des liens sans passer par la case associative. Association de malfaiteurs et entreprise « terroriste », dit la Ministre. L’ADN soi-disant retrouvé comme « preuve » (mais de quoi un bout de cellule peut-il être la preuve, à la fin ?) servirait-il à couvrir une manœuvre du gouvernement?
De même que, pour le fichage ADN, on est passé des condamnés pour crimes sexuels à la petite délinquance, aujourd’hui le « terrorisme » serait : tout ce qui sort du rang. Ainsi la politique répressive, partant de cas d’exception (violeurs et tueurs) finit par imposer comme norme le fichage génétique systématique (toute personne finissant dans les geôles de garde-à-vue), les extensions délirantes du pouvoir de la police (enfermement de 96h, interrogatoires sans avocat durant les 72 premières heures, prélèvement ADN forcé), la surveillance généralisée (levez les yeux dans le centre-ville, vous verrez de petites boules noires, très haut : ce sont des caméras). Suspicion, flicage, toujours et partout. Simplification des règles, augmentation des moyens. Amélioration du rendement, dira-t-on, et avec objectifs chiffrés. L’ennemi est partout : cela pourrait être l’ouvrier gréviste, le manifestant, pourquoi pas un membre d’une association quelconque (et donc, potentiellement, « de malfaiteurs »). Avez-vous donné spontanément votre ADN pour faire baisser le taux de suspicion vous concernant ? Vous êtes peut-être écouté et suivi depuis des mois sans le savoir…
Certainement, laisser sans écho ce genre d’opérations de communication renforcerait l’arbitraire bien plus que les prétendus « résultats concluants » de toutes les enquêtes que peut mener le gouvernement. Il nous faut donc les combattre toutes. Nous ne voulons pas de cette grille de lecture qui ne joue que sur la peur, alors qu’il est sûr que ce qui doit s’élaborer politiquement doit partir de la joie de faire ensemble. En cela les partis bureaucratiques de gauche, du PS à Besancenot, sont un excellent exemple de ce qui n’est pas souhaitable en termes de mise en commun et d’organisation. Ce dont l’Etat a peur, c’est que s’élaborent des liens et des solidarités qui fassent que plus personne ne veuille de sa police, qu’en dernière instance elle ne défende que lui. A coups de « preuves ADN » et d’opérations « Taïga », on veut nous faire croire que la société est en danger. Mais à l’évidence, nous n’avons à craindre que cette société elle-même, qui n’est qu’une gigantesque accumulation de crises et de catastrophes, qu’un grand désastre. Ficher toute personne amenée à rencontrer une patrouille de police, jeter toujours plus de gens en prison, n’amène rien de désirable. Nous ne voulons pas d’une société de contrôle, or c’est bien elle qui s’impose à nous.
Solidarité avec les mis en examen de Rouen et d’ailleurs
Abolition du FNAEG, de tous les fichiers et de la CNIL.
Communiqué de RefusADN Rouen
à la suite du procès en appel pour refus de prélèvement biologique destiné au FNAEG
"Le totalitarisme n’est pas une dérive du contrôle social mais bien son essence"
Le 1er octobre tombera un nouveau verdict, une nouvelle sanction. Même une relaxe sanctionne. Elle dit « c’est bon, vous êtes libre d’aller, l’État ne vous réclame rien — pour cette fois ». Mais après la relaxe peut venir l’appel du parquet, comme ce fut le cas l’été dernier. Et quand bien même il n’y aurait « qu’un » procès, tout cela c’est du temps et de l’argent, de l’énergie, de la force, que l’État et sa Justice te pompent, exigent que tu leur sacrifies.
Heureusement il y a la lutte, la chance de briser l’isolement, de pouvoir s’organiser pour ne pas rester seul face à la machine judiciaire. De recevoir des pétitions, que de parfaits inconnus, ou des gens que l’on connaît peu, ont fait signer à leurs parents, leurs amis, à un concert, une soirée. D’organiser des débats, des projections, des concerts de solidarité. De rencontrer des collectifs qui luttent et travaillent depuis quelque temps sur ce qui t’arrive, et qui en a frappé d’autres avant toi. Le « refus de prélèvement biologique » s’inscrit dans une lutte plus large contre la biométrie et le contrôle social. Une chance : cette lutte est à l’évidence plus facilement compréhensible que celles contre la prison, les centres de rétentions, contre le salariat, ou l’État. Bien souvent ceux qui luttent contre tout cela se retrouvent plus isolés que jamais. Mais il faut se dire qu’il existe dans ce monde des amis, des camarades de lutte, qui toujours prendront parti à nos côtés. La solidarité, dans cette société policée où tout acte militant, tout acte politique, tend à être criminalisé, est plus que jamais une arme. Heureusement qu’il y a la lutte.
Depuis quelques années, après Octobre et ses émeutes des banlieues, le CPE et son conflit qui se généralisait, les élections et leurs « manifs anti-Sarko », le mouvement contre la LRU et sa solidarité avec les cheminots, le pouvoir cherche à écraser la révolte. Et demain les nouvelles luttes n’échapperont pas au rouleau compresseur de la justice d’État, à la mise à l’amende judiciaire et financière. Tous ceux qui ne veulent pas être mis au travail, à l’heure où il est évident que le monde du travail et la société de la « croissance » courent à notre perte, doivent s’attendre à être la cible du contrôle social. RG, fichage ADN, depuis peu le système EDVIGE, autant de ressources dont dispose la police pour l’exercice de ce contrôle. Pas besoin d’une dictature pour que les citoyens soient fichés, espionnés et suspectés à loisir, les démocraties occidentales font ça très bien.
On peut dire en un sens que les « moyens » de controle sont egalement une fin en soi. La biometrie, par exemple, est un nouvel outil de domination, compose de tout un ensemble de technologies de pointe et de dispositifs individualisants : portiques, bornes, scans, etc., sans compter les telephones portables, GPS, et autres puces RFID qui permettent un suivi precis de tous nos deplacements, de toutes nos activites. Mais la biometrie, dans le meme temps, porte en elle le projet d�une societe dans laquelle le vivant sera parfaitement objective, mesurable, chosifie : si la vie n’est pas encore tout a fait devenue une marchandise, elle n’en est pas moins d'ores et deja consideree comme une donnee quantifiable, a laquelle on peut appliquer diverses regles de comparaison. L’identitifiabilite totale, chere au pouvoir, est realisee par la biometrie en meme temps que l’equivalence universelle, necessaire au marche. Et cela n’a rien d’etonnant, au vu de l’etroite collusion entre les puissances etatiques et les marches financiers. On imagine assez bien comment des compagnies privees, d'assurances par exemple, peuvent utiliser des fichiers biometriques etablis en premiere instance par la police.
Refuser le fichage, ce n’est pas seulement vouloir éviter la sanction pour une éventuelle infraction. C’est surtout refuser la logique du contrôle, qui veut nous tenir constamment dans son collimateur, en citoyen, soumis et docile. Si le champ de la « criminalité » et de la « délinquance » ne cesse de s’étendre pour recouvrir un spectre de plus en plus large d’activités, il nous faut trouver des moyens, des actes et des énoncés permettant de lutter ensemble contre le contrôle social. Résister à la biométrie, c’est lutter contre le fichage et sa généralisation. C’est, pour cela, réfléchir aux liens qu’entretient le pouvoir avec le contrôle social, public ou privé, et à ceux que nous pouvons créer, pour nous soustraire à l’un comme à l’autre, tant il est clair que notre vie quotidienne leur échappe de moins en moins. C’est résister à l’avancée de la domination dans nos vies, dans nos rues, dans nos têtes. C’est donc penser le politique, non pas sous l’angle de la résignation et de l’attachement aux mesquines « libertés individuelles », mais dans la perspective de réaliser collectivement les conditions de notre liberté effective. Et pour cela, tisser des solidarités. Des caisses de soutien pendant les grèves, anti-répression dans les mouvements, des moments pour se rencontrer, discuter, et découvrir des amitiés qui nous permettent de tenir. De faire face, pour ne pas reculer. Ce n’est qu’ensemble que nous avancerons.
Nous appelons donc tous les collectifs, formels et informels, s’intéressant à la question du contrôle social au sens large, à multiplier les projections, débats, réunions publiques, sur des thèmes comme la biométrie, la vidéosurveillance, les puces RFID (identification par fréquence radio, dont sera équipée INES, la future carte d’identité française), les nanotechnologies et leurs applications. Il est important que de réflexions collectives naissent et s’articulent des idées et des pratiques, qui nous permettent d’en finir avec le mythe de l’insécurité, et de sa prétendue résolution par le pouvoir, à travers une gestion toujours plus intrusive de nos faits et gestes.
refusadnrouen (a) no-log.org
refusadnrouen.over-blog.fr
quelques brochures et dossiers : http://infokiosques.net/sciences
L'Avocat Général a requis une peine d'amende de 1200€ sous la forme de 30 jours-amende à 40€ (voir
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jour-amende pour comprendre). En première instance le procureur n'avait requis aucune peine,
mais le Parquet a rajouté des pièces au dossier quelques jours avant l'audience, qui selon l'Avocat Général constitueraient des éléments à charge (des "indices graves ou concordants",
nécessaires pour effectuer un prélèvement ADN). Maître Vallès a dénoncé sur le fond cette pratique, qui remet en quelque sorte en cause le droit à une double juridiction (le procès en appel étant
normalement basé sur le même dossier, sauf complément d'enquête - ce qui n'est pas le cas ici, les pièces venant d'un dossier où je ne suis pas mis en cause, et auquel ni moi ni un avocat que je
pourrais mandater n'a accès). De plus, rien ne prouve formellement que ces pièces, des photos pour la plupart, me mettent en cause d'une façon ou d'une autre. Le Président du Tribunal de la Cour
d'Appel a reporté le jugement en délibéré au... 1er octobre. Pas moyen, donc, de savoir ce qu'il en sera.
Je vous conseille ces deux brochures d'infokiosques (d'autres sont disponibles) pour plus d'informations. Dans la 4è partie de "contre le fichage ADN, on trouve un récapitulatif des peines qui
sont tombées ces dernières années.
http://infokiosques.net/spip.php?article535&var_recherche=adn
http://infokiosques.net/spip.php?article451&var_recherche=adn
Pétition à signer pour le jour du jugement (à ramener au rassemblement à 14h) ou à envoyer/déposer à
RefusADN Rouen, 9 rue Ganterie, 76000 Rouen.
Une version est disponible en ligne: link
PETITION DE SOUTIEN
Rappel des faits :
Arrêté lors d'un collage d'affiches le 16 mai 2007, Alexandre Grué est placé en garde-à-vue pendant 24h et sommé de se soumettre à un « prélèvement biologique », en l'espèce un prélèvement ADN destiné au Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques (FNAEG). Créé en 1998, le FNAEG contenait à l'origine le génotype des « délinquants sexuels » et des personnes condamnées pour violence. Depuis 2001 et 2003 (les Lois sur la Sécurité Quotidienne et Intérieure, LSQ et LSI) le champ d'application des prélèvements s'est considérablement élargi. Pour un graffiti par exemple, on peut être fiché… Néanmoins, le prélèvement ne peut être effectué sans que la personne visée ne signe un papier disant qu'elle l'accepte. C'est ce qu'a refusé de faire Alexandre. Jugé en juin 2007 pour ce refus, il a été relaxé, le Tribunal considérant que le dossier n'établissait aucune raison valable d'effectuer un tel prélèvement. Mais la machine judiciaire ne s'est pas arrêtée là : le parquet a fait appel. Le second jugement aura donc lieu le 23 juillet 2008 au Palais de Justice de Rouen.
« Je soutiens Alexandre Grué dans sa décision de refuser un prélèvement biologique destiné à établir son empreinte génétique et à être stocké dans le FNAEG. J'encourage le Tribunal à confirmer le 23 juillet prochain, la relaxe prononcée en première instance ».
Nom/prénom, occupation (facultatif), adresse,
signature
mercredi 30 avril à 16h, projection dans l'amphi 350 de la fac de médecine (en centre-ville, près du CHU) du film documentaire "Pistés par nos gènes" (2007)
BIOMÉTRIE quand vidéosurveillance et fichage ADN resserrent les petites mailles du contrôle social
Inutile d'invoquer Big Brother, ceci n'est pas de la science-fiction :
Installation de bornes de contrôle biométrique (reconnaissance de la forme de la paume, par exemple) dans les écoles primaires, les collèges et les lycées, Systématisation de la surveillance vidéo, couplée à des logiciels de reconnaissance sophistiqués, de l'espace dit public, la rue, les transports en commun, Extension du champ d'application de la procédure de prélèvement biologique (ADN) lors des garde-à-vue ou des enquêtes de police, Augmentation exponentielle des connaissances scientifiques dans le domaine du génie génétique, Application de ces connaissances à la "prévention de la délinquance" dès la maternelle... Plus que de simples innovations technologiques, tout ceci participe d'un véritable projet de société. On peut s'en indigner ou l'accueillir avec enthousiasme. Certains ont déjà commencé à se battre, à lutter contre les avancées du contrôle social, et contre l'application des biotechnologies à ses fins. Pourtant la riposte ne semble pas suffisante.
Récemment à Rouen des bornes biométriques ont été retirées d'un collège où elles devaient "faciliter l'accès à la cantine". Un manifestant est toujours en procès (en appel le 23 juillet après avoir été relaxé en juin dernier) pour refus de prélèvement biologique (ADN). Ailleurs on ne compte plus les procédures de fichage et les procès, sans compter les luttes aux frontières !
La lutte s'organise, retrouvons-nous.
refusadnrouen@no-log.org
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